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Johnny Hallyday : la pierre qui roule toujours... Djemilove

REST IN PEACE Johnny Hallyday

Le Pan poétique des muses Revue féministe, internationale et multilingue de poésie entre théories & pratiques People’tte

© Crédit photo : Djemila Khelfa avec Edgar Morin et Alain Touraine

à l’occasion d’un hommage à Jean Baudrillard, photographie fournie par Mustapha Saha       Une photographie peut dire plus qu’une thèse emphatique. Quand deux dinosaures de l’intellection contemporaine, Edgar Morin et Alain Touraine, encadrent Djemila Khelfa, leur muse providentielle, figure inébranlable de la contre-culture, la saugrenuité séductive s’inscrit, avec bonheur, dans l’apagogie détonante de Jean Baudrillard, incurable trouble-fête soixante-huitard, analyste inclassable de la dérive consumériste, de la manipulation mercantile des signes, de l’aliénation symbolique, débusqueur fracassant des insignifiances sous fausses cohérences, traqueur agaçant des réalités illusoires, des virtualités collusoires, des certitudes provisoires. Deux penseurs du chaos dans le chaos de la pensée trouvent leur égérie dans l’esthétique transgression de la platitude ambiante. L’icône des marginalités insolentes, démystificatrice des officines institutionnelles, inspire paradoxalement les audaces théoriques d’universitaires établis.   L’infernale chérubine de la Bande des Halles, prêtresse incorruptible de salutaires extravagances, illumine l’autorité mandarinale d’étincelles fascinatoires. Djemila Khelfa, indémodable prophétesse des années punk, discrète pythonisse des temps numériques, liquidatrice des références reconnaissables, métamorphose son corps et son être en œuvre artistique. Tantôt sirène imprévisible se coulant dans la simulation comme poisson dans l’eau, tantôt tigresse lacéreuse des coursives, coup de pied dans la fourmilière en guise d’attitude. Le magazine Façade fructifie sa silhouette atypique. Andy Wahrol la consacre « parfaitement graphique ». La parodie se grime de tenue provocatrice. Les enfants terribles de la haute couture, Thierry Mugler, Adeline André, Olivier Guillemin, en première ligne, se précipitent. Puisque la tyrannie médiatique lamine le vivant dans ses représentations fallacieuses, la caricature se tourne et se retourne comme un gant de velours. Il ne reste pour être visible que le jeu des apparences. Dada revient par la fenêtre. Esthétique minimale et goguenardise sismale. Les cinéastes underground tournent leurs films sur macadam étoilé de lueurs obscures, dans les entrailles parisiennes et les ruelles serpentines, les cours nébuleuses et les garçonnières clandestines. Le décor ironique orchestre le challenge frénétique. L’image se fragmente dans la pénombre. Pierre et Gilles mythifient les grimaces. L’authenticité se dissout dans la chimère affective. La gloire s’acquiert et se perd sur un coup de dé. La séduction se fonde sur le principe d’incertitude. L’amour n’est qu’un code informatique. Le charme robotique de la technocratie régnante se décale dans le fantasme numérique. Le marketing culturel soigne les vitrines. En ces temps où la nullité se proclame et se revendique comme label de postmodernisme, Djemila Kelfa, posture imperturbablement féline, imperméable aux fluctuations fashioniques, garde intacts son profil incomparable, sans griffe identifiable, et son impact énigmatique.   Drôle de compagnie. Deux monstres canonisés de la sociologie flanqués d’une contestataire génétique. La pensée bloquée prend la tangente. Jean Baudrillard jaillit de son sarcophage. Le philosophe maudit quitte définitivement les sentiers battus de la validation académique, de l’homologation scientifique, renoue avec notre utopisme nanterrois hors militantisme stérilisateur, pour se lancer à corps perdu dans la photographie. « L’écriture de la lumière » capte au vol le monde rhizomique en perpétuelle transfiguration kaléidoscopique. Le poète incompris se convertit en chasseur d’images sans lâcher sa plume, entame ses périples fous aux quatre coins de la planète, découvre dans les étendues américaines, où « les ordures mêmes sont propres, le trafic lubrifié, la circulation pacifiée », des déserts vidés de désir, des conforts écurés d’espérance, des prospérités gavés d’ignorance. Gigantesque parc d’attractions où l’architecture reproduit à grande échelle le décorum hollywoodien, où les faux-semblants se déclinent en couleurs primaires sur panneaux publicitaires, où l’image sociale se réduit au gros cigare des commanditaires. Le simulacre dans toute sa splendeur. L’humain chosifié par sa totémisation des objets de consommation. La société atomisée par l’omnipuissante technostructure. Les apparitions foudroyantes de Djemila Khelfa retentissent comme des diffractions visuelles en résonance avec les axiomatiques badrillardiennes. Plusieurs plasticiens soulignent, dans leurs épures rouges et noires, la part d’ombre stylée sur fond translucide, l’ambivalence déroutante sous lumières lactescentes, les cambrures suggestives sur lignes fuyantes. La fin des illusions, symptomatique de la désintégration des valeurs dites universelles, des schèmes occidentaux en décrépitude, se formule comme une illusion de la fin, une explication apocalyptique des crises en chaîne, un tri-millénarisme cataclysmique. Le présent s’efface au fur et à mesure qu’il advient dans ses accroches sémiotiques. Les signes explosent en feu d’artifice abolissant instantanément leurs propres traces. Il ne s’agit même plus d’éternel retour nietzschéen. La réversibilité, ultime tentative de s’accrocher à une raison d’exister, bute sur la disparition des origines. La preuve s’annihile dans l’épreuve de l’égarement. Les événements se centrifugent, se vaporisent et se volatilisent. Le passé se démantèle faute de se projeter dans un devenir. L’horizon se dissipe dans la transfinitude. La mémoire artificielle engloutit toutes les mémoires mémorisables. L’histoire tourne en roue libre. Les intellectuels, outillés de postulats obsolètes, constatent, impuissants, les circonvolutions sans fin. Les technocrates, incapables de remettre les compteurs à zéro, comptabilisent les déficits. L’angoisse communicative puise son sens dans le non-sens. Le stress se cultive comme une distinction sociale. Les secousses continuelles n’épargnent aucune assise, aucune fondation, aucune substruction. Il n’est d’autre partage que le sentiment de déracinement. Toute chose s’aseptise jusqu’à l’anéantissement. Tout s’accélère, tout se désagrège dans la précipitation générale. Le vertige du vide, jeu de miroir des fuites en avant, produit et reproduit le vide la pensée. Le « no future » du mouvement punk s’intériorise collectivement au moment où il cesse d’être un cri de révolte générationnel. Djemilove pratique instinctivement la sentence baudrillardienne : « le réel n’est plus possible ». Edgar Morin constate, dans ce sillage, « la faible réalité de la réalité ». Les concepts libérateurs du totalitarisme rationnel ne nichent-ils pas dans les traverses créatives ? « Le transfert poétique de situation », cher à Jean Baudrillard, opère par synchronicité magique. L’espace et le temps fusionnent dans la saisine alchimique du moment. Le dialogue avec l’inoxydable impertinence baigne la photographie d’une ombre interpellative. La bête de scène, bouche voluptueuse, prunelles langoureuses, anticipe la pose, se transpose dans l’immortalisation de l’instant. Les deux patriarches, surpris par l’objectif, semblent émerger d’une plongée méditative. L’improbable amitié se réalise dans les fugacités convergentes.* © MS

    * Ce texte est sélectionné pour paraître dans un de nos numéros imprimés de 2018 | Dossier mineur | Muses contemporaines et/ou mondaines

LES DEUX DINOSAURES ET L’INDOMPTABLE EGERIE. PAR MUSTAPHA SAHA. Feuilleter

LES DEUX DINOSAURES ET L’INDOMPTABLE EGERIE. PAR MUSTAPHA SAHA.

Une photographie peut dire plus qu’une thèse emphatique. Quand deux dinosaures de l’intellection contemporaine, Edgar Morin et Alain Touraine, encadrent Djemila Khelfa, leur muse providentielle, figure inébranlable de la contre-culture, la saugrenuité séductive s’inscrit, avec bonheur, dans l’apagogie détonante de Jean Baudrillard, incurable trouble-fête soixante-huitard, analyste inclassable de la dérive consumériste, de la manipulation mercantile des signes, de l’aliénation symbolique, débusqueur fracassant des insignifiances sous fausses cohérences, traqueur agaçant des réalités illusoires, des virtualités collusoires, des certitudes provisoires. Deux penseurs du chaos dans le chaos de la pensée trouvent leur égérie dans l’esthétique transgression de la platitude ambiante. L’icône des marginalités insolentes, démystificatrice des officines institutionnelles, inspire paradoxalement les audaces théoriques d’universitaires établis.

L’infernale chérubine de la Bande des Halles, prêtresse incorruptible de salutaires extravagances, illumine l’autorité mandarinale d’étincelles fascinatoires. Djemila Khelfa, indémodable prophétesse des années punk, discrète pythonisse des temps numériques, liquidatrice des références reconnaissables, métamorphose son corps et son être en œuvre artistique. Tantôt sirène imprévisible se coulant dans la simulation comme poisson dans l’eau, tantôt tigresse lacéreuse des coursives, coup de pied dans la fourmilière en guise d’attitude. Le magazine Façade fructifie sa silhouette atypique. Andy Wahrol la consacre « parfaitement graphique ». La parodie se grime de tenue provocatrice. Les enfants terribles de la haute couture, Thierry Mugler, Adeline André, Olivier Guillemin, Maison Hermès en première ligne, se précipitent. Puisque la tyrannie médiatique lamine le vivant dans ses représentations fallacieuses, la caricature se tourne et se retourne comme un gant de velours. Il ne reste pour être visible que le jeu des apparences. Dada revient par la fenêtre. Esthétique minimale et goguenardise sismale. Les cinéastes underground tournent leurs films sur macadam étoilé de lueurs obscures, dans les entrailles parisiennes et les ruelles serpentines, les cours nébuleuses et les garçonnières clandestines. Le décor ironique orchestre le challenge frénétique. L’image se fragmente dans la pénombre. Pierre et Gilles mythifient les grimaces. L’authenticité se dissout dans la chimère affective. La gloire s’acquiert et se perd sur un coup de dé. La séduction se fonde sur le principe d’incertitude. L’amour n’est qu’un code informatique. Le charme robotique de la technocratie régnante se décale dans le fantasme numérique. Le marketing culturel soigne les vitrines. En ces temps où la nullité se proclame et se revendique comme label de postmodernisme, Djemila Kelfa, posture imperturbablement féline, imperméable aux fluctuations fashioniques, garde intacts son profil incomparable, sans griffe identifiable, et son impact énigmatique.

Drôle de compagnie. Deux monstres canonisés de la sociologie flanqués d’une contestataire génétique. La pensée bloquée prend la tangente. Jean Baudrillard jaillit de son sarcophage. Le philosophe maudit quitte définitivement les sentiers battus de la validation académique, de l’homologation scientifique, renoue avec notre utopisme nanterrois hors militantisme stérilisateur, pour se lancer à corps perdu dans la photographie. « L’écriture de la lumière » capte au vol le monde rhizomique en perpétuelle transfiguration kaléidoscopique. Le poète incompris se convertit en chasseur d’images sans lâcher sa plume, entame ses périples fous aux quatre coins de la planète, découvre dans les étendues américaines, où « les ordures mêmes sont propres, le trafic lubrifié, la circulation pacifiée », des déserts vidés de désir, des conforts écurés d’espérance, des prospérités gavés d’ignorance. Gigantesque parc d’attractions où l’architecture reproduit à grande échelle le décorum hollywoodien, où les faux-semblants se déclinent en couleurs primaires sur panneaux publicitaires, où l’image sociale se réduit au gros cigare des commanditaires. Le simulacre dans toute sa splendeur. L’humain chosifié par sa totémisation des objets de consommation. La société atomisée par l’omnipuissante technostructure.

Les apparitions foudroyantes de Djemila Khelfa retentissent comme des diffractions visuelles en résonance avec les axiomatiques badrillardiennes. Plusieurs plasticiens soulignent, dans leurs épures rouges et noires, la part d’ombre stylée sur fond translucide, l’ambivalence déroutante sous lumières lactescentes, les cambrures suggestives sur lignes fuyantes. La fin des illusions, symptomatique de la désintégration des valeurs dites universelles, des schèmes occidentaux en décrépitude, se formule comme une illusion de la fin, une explication apocalyptique des crises en chaîne, un tri-millénarisme cataclysmique. Le présent s’efface au fur et à mesure qu’il advient dans ses accroches sémiotiques. Les signes explosent en feu d’artifice abolissant instantanément leurs propres traces. Il ne s’agit même plus d’éternel retour nietzschéen. La réversibilité, ultime tentative de s’accrocher à une raison d’exister, bute sur la disparition des origines. La preuve s’annihile dans l’épreuve de l’égarement. Les événements se centrifugent, se vaporisent et se volatilisent. Le passé se démantèle faute de se projeter dans un devenir. L’horizon se dissipe dans la transfinitude. La mémoire artificielle engloutit toutes les mémoires mémorisables. L’histoire tourne en roue libre. Les intellectuels, outillés de postulats obsolètes, constatent, impuissants, les circonvolutions sans fin. Les technocrates, incapables de remettre les compteurs à zéro, comptabilisent les déficits. L’angoisse communicative puise son sens dans le non-sens. Le stress se cultive comme une distinction sociale. Les secousses continuelles n’épargnent aucune assise, aucune fondation, aucune substruction. Il n’est d’autre partage que le sentiment de déracinement. Toute chose s’aseptise jusqu’à l’anéantissement. Tout s’accélère, tout se désagrège dans la précipitation générale. Le vertige du vide, jeu de miroir des fuites en avant, produit et reproduit le vide la pensée. Le « no future » du mouvement punk s’intériorise collectivement au moment où il cesse d’être un cri de révolte générationnel.

DjemiLove pratique instinctivement la sentence baudrillardienne : « le réel n’est plus possible ». Edgar Morin constate, dans ce sillage, « la faible réalité de la réalité ». Les concepts libérateurs du totalitarisme rationnel ne nichent-ils pas dans les traverses créatives ? « Le transfert poétique de situation », cher à Jean Baudrillard, opère par synchronicité magique. L’espace et le temps fusionnent dans la saisine alchimique du moment. Le dialogue avec l’inoxydable impertinence baigne la photographie d’une ombre interpellative. La bête de scène, bouche voluptueuse, prunelles langoureuses, anticipe la pose, se transpose dans l’immortalisation de l’instant. Les deux patriarches, surpris par l’objectif, semblent émerger d’une plongée méditative. L’improbable amitié se réalise dans les fugacités convergentes.

© Mustapha Saha

Photographie : Djemila Khelfa avec Edgar Morin et Alain Touraine à l’occasion d’un hommage à Jean Baudrillard.

Cantine Saclier : qui l’eut cru Grignoter

La métamorphose de Stephane Saclier., jusqu’alors Relations Presse, Publiques..etc. A été aussi subite qu’inattendue. Le voilà désormais toqué depuis le 1er octobre 2017. Prisonnier depuis son adolescence des pires clichés que représentaient les métiers manuels, tels que la cuisine Stephane a participé à la chute de ce déplorable esprit en déployant trois axes sacrés : la santé, le respect de la nature, le développement des petits producteurs locaux. Chef Cantinier, il ne consacre pas seulement un nouvel Art mais il développe une mission d’intérêt général : manger sain et équilibré, en se réadaptant aux saisons, grâce à la participation de professionnels de proximité qui s’enquièrent, comme lui, de l’écologie et de l’évolution de la Vie.

La Cantine Saclier c’est quoi ? Un service de restauration sur commande destiné aux séances photos, castings, déjeuners de bureaux/réunions, dîners entre amis, vernissages et événementiel. Combien coûte un repas ? Menu gourmand : de 25,00 € à 30,00 € par personne ( 1 grande salade radieuse, 1 tian ou tarte salée, 1 compote et une pâtisserie) Menu déjeuner de bureau : à partir de 22,00 € par personne ( 1 petite salade radieuse, 1 tian ou tarte salée, 1 compote ou une pâtisserie) Manger, se faire plaisir, prendre soin de soi ! « Mon idée est de vous proposer de bonnes choses, préparées avec soin, vous transmettre ma passion et mon exigence pour une cuisine saine et radieuse, bourrée d’herbes aromatiques d’épices et de petits détails soignés. Que vous soyez sur une séance photo, dans un showroom, ou dans un bureau en pleine charrette ou bouclage, vous avez le droit de bien manger, de prendre soin de votre santé et de vous faire plaisir. Venez rejoindre ses clients fidèles qui sont accros à ses salades complètes, vegan, et unanimement délicieuses ainsi qu’à ses desserts irrésistibles tels la compote sans sucre, le shortbread, le cake citron ou pistache. » Les ingrédients sont d’origine bio, fermiers, raisonnés, et petits producteurs locaux, soigneusement sélectionnés, privilégiant les saisons, le cycles courts pour une fraîcheur et une qualité optimale. Tout est fraichement épluché, lavé et cuisiné. L’assaisonnement est équilibré et peu salé

Merci Stéphane de prendre soin de nous.

Merci à mes adorables clients qui m’ont fait confiance, en particulier :Lou Doillon, Vogue Américain, m-O Conseil,IFM, Vestiaire Collective, Workingirl, Hermès, Mode Trotter, M le Monde, Grazia, Stink Films, Uniqlo, Ofr, Univers Presse, Public Image PR, Atelier Mondineu, Poggi, Galerie RX, Djemila Khelfa (Djemilove)..etc.

Un immense merci à vous qui avez cru en moi et qui m’avez soutenu :

Isabelle Sansonetti @ELLE, Cécile Guerrier @Madame Figaro, Johanna Scher @Workingirl, Patricia Romatet @IFM, Alexandre et marie Thumerelle @Ofr, Mathias Ohrel @m-O Conseil, Sabine Roche @ELLE, Lionel du Chatelier et Valérie Lamboi @Univers Presse, Valérie Nizan @Vestiaire Collective, Noriko Ishizaka, Kanako Bouelle Koga, Fiona Da Rin @Vogue Américain, Carine Devischer @Conde Nast, Livio Facchini @Public Image PR, Martine Montfalcon @Airport Agency, Marine Chaumien @Grazia, Isabelle Decis @Modzik, Sandra Serpero @Palace Coste Magazine, Laure Ambroise et Baptiste Piegay @Jalouse, Christine Lerche @l’Instant, Charlotte Roudaut et Justine Villain @Grazia, Christelle Baillet @Vogue.fr, Laurence Airline, Eric Dereumaux et Emmanuelle Pascual @Galerie RX, Christine Muller @Le Burger Fermier des Enfants Rouges, Sylvie Pronzato @Pasta Linea, toute l’équipe de @Terroirs d’Avenir, Marine Braunshvig, Sabine Pigalle, Nathalie Croquet et mes amis les plus chers, Henri Van Melle, Olivier Evrard, Johanne Debas, Balkis Daoud, Brigitte Hymans, Nathanaelle Lobjoy et Noéllie Roussel.

« Au bord du monde », vertige de l’humain. Djemilove

Entre le prélude du Parsifal de Wagner invoquant la régénérescence du monde par la compassion et le final du Turandot de Puccini évoquant le retour à l’identité souveraine de ceux qui n’ont plus de nom, le film de Claus Drexel , Au bord du monde , (janvier 2014) nous plonge littéralement pendant 1H40 dans la fable d’un quart-monde vertigineux .

Posé entre la majesté picturale d’un Paris crépusculaire et nocturne sanctuarisé par l’image de Sylvain Leser, le chef opérateur et photographe, et la descente dans l’univers déchu des désormais « sans abri », un hiatus heurte les restes coupables de notre conscience de vivants qui passent sans voir la transparente mais envahissante cohorte des fantômes sans toit qui peuplent et hantent couloirs du métro, trottoirs humides et souillés, tunnels sans fin, grilles hostiles ou bancs inhospitaliers des parcs publics. Lieux d’errance et de passage qui servent de précaires écrins à une existence au bord du gouffre, livrée à l’abyme de l’aléatoire , à l’urgence de survivre un jour de plus, au froid cataleptique, à la faim taraudante.

Le cinéaste Claus Drexel et son humble équipe ont arpenté pendant un an les rues de la capitale, des avenues les plus exposées et luxueuses aux recoins les plus sinistres, à la rencontre de l’univers du dehors, sans parti-pris, sans préjugés sociologiques, sans curiosité médiatique mais avec le seul objectif de donner la parole à ceux qui se sont tus parfois depuis longtemps. Il s’agissait de s’inviter , de se faire accepter dans une démarche humaniste et de rentrer sans effraction chez ceux qui n’ont pour territoire qu’un piètre mais précieux carton à même le sol, un matelas de hasard, une grille de métro fumante dans l’aube froide, une cabane de fortune aux pieds des palaces, une dérisoire tente « Quechua » dépliée entre deux bourrasques sur un lit de feuilles mortes. Il fallait pénétrer à pas feutrés dans l’intimité des loups qui n’ont plus de dents mais dont le regard fuyant, lointain trahit l’intense humanité. Il importait de briser, par-delà les a priori , la fragile mais insondable cage de verre qui les sépare de nous.

Les plans sont fixes comme leurs yeux vides, le cadrage à hauteur d’homme à genoux et à distance suffisante pour respecter ce qui leur reste de pudeur, les questions du réalisateur sont rares, justes et jamais inquisitrices, le montage est sobre et respecte la parole paisible comme le courant de la Seine. Flot verbal logorrhéique parfois, habité et prophétique aussi, philosophique et spirituel souvent, violemment humain, si humain, toujours : la vie, la mort, la maladie, la lutte, la peur, l’absence d’amour, l’indifférence de ceux qui sont - encore - debout, l’épuisement, la révolte. La parole enfin retrouvée et libre témoigne de cet irréductible élan vital qui souffle dans leur âme de femmes et d’hommes déterminés à ne jamais abdiquer en perdant ne serait-ce que le sourire.

L’œil attentionné et patient de Claus Drexel caresse le pavé des quais de Seine, épouse les méandres du sombre fleuve qui coule comme nos larmes dans la salle obscure, sous les arcades des ponts séculaires qui l’enjambent, fugitifs symboles de fraternité brisée par la vague triomphante et triviale de l’opulence matérielle. Son regard descend sans condescendre vers ceux qui ne possèdent rien et qui pourtant partagent dans une geste épique pour leur survie : entre Wenceslas qui avoue sa lassitude de courir sans fin derrière son caddy « le marre à fond de Paris » à la recherche d’invendus au petit matin, maigre pitance qui servira aussi aux autres compagnons d’infortune, Michel l’ancien marin qui erre dans les corridors métropolitains affichant son inaltérable optimisme pour ne pas sombrer, des sacs de papier aux enseignes luxueuses pour seuls bagages, Pascal qui revendique fièrement de posséder 2 m2 au sol dans l’arrondissement le plus onéreux de Paris et Christine, transie par l’hiver précoce qui s’inquiète pour celui qui l’interpelle pour savoir s’il n’a pas trop froid, les oracles crépusculaires de Marco avouant sa fascination pour la modernité technologique tout en déplorant l’inquiétante régression de l’humain voué à un retour à la barbarie des cavernes.

Ceux qui vivent en marge du monde retrouvent dans ce film leur dignité , leur humanitude replacées au centre du cadre d’une image qui souligne les lignes de fuite, les aurores boréales et le crépuscule sépulcral de la Ville Lumière et l’horizon infini des hommes qui en ont été privés. Mais dans ce Paris de carte postale muséifié, d’une majesté architecturale presque obscène, il n’y a pas de place pour l’esthétisme tapageur et les sentiments lénifiants : l’inquiétante étrangeté urbaine d’un Chirico jouxte L’Enfer de Jérome Bosch et l’objectif de la caméra sait nous rappeler qu’à hauteur de pavé rôdent la mort comme les rats qui dérobent sous nos yeux médusés les restes d’un quignon de pain aux pieds d’un corps frémissant encore d’un semblant de vie précaire. Elle nous rappelle aussi que l’alcool et la détresse peuvent renverser les colosses aux pieds d’argile, à bout de force, à bout de lutte parce que la rue impose ses lois : le vieillissement précoce, l’usure physique et mentale, la perte des repères et la démence, la violence et le sacré réclamant leur lot de victimes propitiatoires. Jeni, He-* nri, Marco, Costel, Wenceslas, Michel , Christine , Pascal et quelques autres, désormais visibles et audibles, méritaient cette ode magistrale. Toute notre gratitude de spectateur, le souffle entrecoupé de sanglots retenus, va à Claus Drexel, démiurge tutélaire de cette fable vertigineuse du monde d’en bas qui, par le verbe et l’image, donne naissance, présence et existence à ceux qui croyaient en avoir été privés, quand bien même ils ont les pieds nus, les épaules recouvertes d’une étoffe de fortune sous la pluie, debout, hiératiques sur le pavé des songes en haut de la plus belle avenue du monde.

Yann Thomas

Au Bord du monde, est encore programmé pour une séance à Paris pour une séance suivie d’une rencontre avec le réalisateur , le mardi 18 novembre à 9H45 au « cinéma des cinéastes », 7 Avenue de Clichy, Paris XVIIème.

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Saad-allah Wannous

Né en 1941 en Syrie. Après des études en Égypte, Saad-allah Wannous devient rédacteur dans différentes revues littéraires et politiques. Après un séjour à Paris, où il étudie le théâtre, il se consacre à cet art comme auteur dramatique cherchant construire un théâtre arabe contemporain. Puis il crée le festival d’art dramatique de Damas, et participe à la création de la revue La Vie théâtrale. Son écriture, qui ne refuse pas les influences occidentales tout en restant très proche des formes orientales, le rendra célèbre dans de nombreux pays grâce aux traductions réalisées dans une dizaine de langues. Rituel pour une métamorphose a paru en 1994 en arabe, en 1996 en français, avant son décès en 1997.

Punk - Une esthétique

Editions Rizzoli "Le mouvement punk était en soi une culture dégradable. Tous les fanzines, flyers et posters étaient fabriqués à bas prix, à la sauvette : la photocopieuse était reine, le papier de mauvaise qualité et les originaux le plus souvent égarés. Le mode de vie aléatoire des principaux acteurs du mouvement, qu’ils soient fans, musiciens, écrivains ou artistes, renforçait ce caractère éphémère. Par définition, la contre-culture n’alimente pas sa propre documentation", Johan Kugelberg.

Sous la direction de Johan Kugelberg et Jan Savage, avec les contributions de William Gibson, Linder Sterling et Gee Vaucher, Punk, une esthétique, retrace en images les origines, l’évolution et l’influence du mouvement. www.rizzoliusa.com REI KAWAKUBO STYLISTE DE COMME DES GARÇONS Dessin de l’artiste Daniel Adric pour Djemilove

"Dog Transgenre"...

Billy Boy & Lala 2006.

Marie Laure de Decker Marie Laure de Decker, oeil du demi siècle. Depuis 1972, Marie Laure parcourt la planète pour en fixer les évènements majeurs. Reporter-photographe de renom, collaboratrice de l’agence Gamma, elle parcourt le monde et témoigne en faveur des artistes. Conflits et rencontres au XXe siècle, rien n’a échappé à son objectif. Proche des artistes, elle a réalisé de très nombreux portraits : Gilles Deleuze, Pierre- Jean Jouve, Patrick Modiano, Gabriel Garcia-Marquez, Satyajit Ray, Marguerite Duras, Marguerite Yourcenar, Jacques Prévert, Orson Welles etc ...