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Wallis et Madonna ! Flâner

Synopsis

W./E, Wallis et Edouard, premier film de Madonna en tant que scénariste repose sur le très clichéïsé procédé usité dans les « Biopics » : le récit enchâssé. La narration liminaire évoque le destin de Wally Winthrop (Abbie Cornish), jeune femme sans grande beauté. Elle se morfond dans une union malheureuse avec un mari alcoolique et violent dans le Manhattan glamour de 1998. Pour tromper son désœuvrement et fuir la thérapie aux gants de boxe de son psychiatre de mari ( Encore un avatar détourné du couple explosif Sean Penn et Madonna !), Wally passe ses journées chez Sotheby’s , à une vente aux enchères, nourrissant sa passion quasi fétichiste pour des objets ayant appartenu au Duc et à la Duchesse de Windsor. Bref, Wally, c’est Emma Bovary chez Sotheby’s, Yonville city ! C’est là le point de rencontre avec le premier récit chronologique, Le Duc et La Duchesse de Windsor étant Wallis et Edouard dont la liaison passionnelle a défrayé la chronique du Londres de 1936. Edouard VIII, frère ainé de Georges VI, le « Bertie » bègue du "Discours d’un roi", fut contraint d’abdiquer quelques mois après le début de son règne, pour épouser l’Américaine Wallis Simpson ( incarnée par Andrea Riseborough, l’androgyne et pétillante actrice britannique ), fille de domestiques, deux fois divorcée, avide de la reconnaissance sociale que lui offrira la royale mouvance de la jet set britannique.

L’esthétique du clip

Scénario conséquent donc quoiqu’un peu forcé par des « raccrocs » analogiques artificiels entre Wally et Wallis que seuls les prénoms rapprochent réellement. Autres faiblesses du scenario : quelques invraisemblances infantiles et rose–bonbon. Quant à l’esthétique , elle oscille entre La Môme et le clip éroto-maniaque cher à la Madonne, soutenu par une bande–son hystérique et sans silence aucun. L’usine produit des clichés à la limite du ridicule , la mécanique abuse du flash–back systématique et de la succession d’images stylisées, plastiquement parfaites certes, mais qui saturent l’ œil et l’esprit à force d’ignorer que le cinéma est d’abord un art de l’attente et de la contemplation. Seule l’énergie développée par la réalisatrice mérite encore quelques applaudissements.

Quand Wallis rencontre Wally… chez Cartier

Peut-être que les véritables stars du film sont la mode et la joaillerie : Le titre d’abord, W/E sont les initiales de Wallis et Edouard entrelacées d’émeraudes sur une broche en forme de cœur de chez Cartier offerte par le Duc à la Duchesse en 1957 pour leurs 20 ans de mariage et probablement en compensation des bijoux de la Couronne qu’elle ne portera jamais. Van Cleef & Arpels et Cartier ont ouvert leurs archives et inondent de leurs joyaux – le célèbre pendentif en perles porté par Wallis Simpson – chaque événement intime de la vie du couple à l’image des 9 croix de platine ornées de pierres précieuses que le duc a commandées à Cartier pour que sa Duchesse l’ajoute à son bracelet.

Mais ce couple mythique, c’est la rencontre de l’élégance anglaise chic et excentrique, l’acteur James d’Arcy ressemblant à Ken rhabillé en Ralph Lauren , tissu Prince de Galles et pantalons de golf avec le style purement français, Wallis Simpson étant depuis longtemps courtisée par les grandes maisons de Haute Couture (Vionnet, Dior, Givenchy et Schiaparelli) tant elle avait acquis une réputation pour sa grande élégance. La Créatrice des costumes, fidèle collaboratrice de Madonna est la véritable star du casting. Arianne Phillips n’en oublie pas l’autre moitié du film, l’univers des années 90. en habillant Wally alias Abbie Cornish, vulnérable actrice australienne au silence pesant et triste qui vit par procuration dans l’ombre de la Duchesse en Dior, Prada ou Roger Vivier et …Cartier encore ! ou quand Wally rencontre Wallis !

Le conte de fée de la Madonne

Messieurs, à l’issue de la séance, il va vous falloir sortir votre carte black American express ou mieux encore, la « titanium black » (150000€ revenus mensuels...). Mesdames, sachez que Madonna doit être la dernière midinette de 57 ans à croire encore au prince charmant. Emma Bovary aussi, mais, elle, s’ acheva à l’arsenic ! Son souverain prétendant ? Cendrillon-Madonna l’a rencontré : c’est son public !

W.E, film de Madonna, sortie nationale le 9 Mai 2012.