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THE CURE de jouvence... Djemilove

Lorsque j’arrive sur le désormais mythique site de Kerampuilh, lieu de bacachanales du rock antique en terre celte, une petite appréhension me saisit : et si j’assistais à une « Funeral party » (Faith, 1981, second album de la trilogie noire) ? Et si, comme eux, j’avais vieilli et que je ne me reconnaissais plus dans le cultissime Pornography ( 1982) ?

Pourtant mon angoisse est immédiatement dissipée à l’entrée sur scène des protagonistes qui vont se livrer à une « Ceremony » dionysiaque saturée d’émotion pure. Le rituel peut commencer et les officiants vont se livrer à une communion mystique pure dans un rock à la ligne de basse-batterie envoûtante, une guitare aux inscriptions obscurément politiques « Citizens hot subjects », une ligne mélodique comme seuls les grands comme Robert Smith peuvent la renouveler sur plus de 30 ans…

Notre adolescent torturé s’est transformé en vrai mutant gothique : sempiternel treillis et sweet shirt noirs à capuche et pompons à fausse fourrure, chaussures « New Rock » N° 627…. Une silhouette épaissie et un visage presque bouffi qui oscille entre Liz Taylor sortant de cure et la crinière brune du vieux lion Léo Ferré, des yeux de fou cerclés de noir et le khôl désormais légendaire de son masque de persona, un maquillage blanc très eighties et le rouge à lèvres de ses 20 ans… Notre poupée ténébreuse et son complice antinomique, Simon Gallup à la basse, rescapé des débuts du trio initial, qui ressemble, lui, à un Vince Taylor réincarné, chaussé de boots Harley Davidson , les bras ornés de tatouages, archétype du rockeur jusque dans les poses , la basse sous les genoux ( la frime pure !), le batteur Jason Cooper, sorte de Keith richards de fête foraine aux cheveux peroxydés en pleine transe, entrent dans une telle communion et complicité qu’ils semblent en oublier le public… Mais celui-ci ne s’y méprend pas : les jeunes filles de 18 ans reprennent « Boys don’t cry », les trentenaires « Pictures of you », les quadras « A forest », et les quinquas les cantiques sataniques des spirituels « Faith » et « Pornography »…

Ite missa est ! The Cure rafraichissent l’âme et leur inspiration a la force de ceux qui savent terminer en apothéose, se renouveler humblement sans se renier depuis « One hundred Years »..!

Mes hommages Monsieur Smith, vous m’avez redonné mes 18 ans quelque part à Saint-Jacut de la mer où je vous vis pour la 1ère fois ! C’était en juillet aussi, mais le rock à ce niveau d’inspiration cosmique, c’est la négation du temps...SUITE