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STING loving you ! Bof Dylan... Djemilove

Photo : www.letelegramme.com

53000 spectateurs s’étaient déplacés samedi 21 juillet 2012 pour cet « English man in Cahraix », sexagénaire aux allures athlétiques : tee-shirt gris slim fit, pantalon cuir moulant, boots de dandy londonien « Paul Smith ». Il ne manquait plus le tailleur Chanel pour l’élégante Choriste ! Un accent délicieusement British pour présenter exclusivement en français ses « chansons tubes », à l’arrière du café, dans le juke-Box…

Certes, ça déroule, sans émotion toutefois, c’est Monsieur propre sur le podium, un châtelain anglais qui habite près d’une « mer de blé » , mais enflamme les femmes au moindre déhanchement sexy, notre manant si glam de la perfide Albion. Un best-of suivra, un pot-pourri de succès, de hits, de standards, de l’or en barre. Un seul bémol : l’émotion est réellement intense quand il se met à jouer les morceaux de Police. Là, enfin, on en vient à regretter Steward Coperland et Andy Summers…Les groupies adorent la variété macro–bio diététique mais on lui préfère le rock plus énergétique voire même calorique.

BOB DYLAN ! ( sur la scène Glenmor  !)

Charlie Sexton et Zim Crédit photo : AFP/FRED TANNEAU

71 ans d’idéaux contestataires de la jeunesse des 6O’s rentrent avec Bobby sur la scène Glenmor ( du nom du barde celte !) avec ses musiciens symboliquement de noir parés. 71 ans de combats civiques, de défense des minorités noires, de lutte contre la guerre du Vietnam, 71 années de « protest songs » Bref une légende entre sous les feux de la rampe à 20H50 sur la grand’scène comme il entrerait dans un club de Jazz de Chicago : canotier large, veste bleue sombre classique, pantalon crème et accrochés à la boutonnière, des médaillons aussi célèbres que d’authentiques classiques du répertoire folk : « Mister tambourin », « Knocking at heaven’s door », « like a rolling stone » entre autres perles… Un mythe, une légende vivante, un pygmalion pour la scène internationale qu’on ne salut plus et qui ne salut pas d’ailleurs…Par ses textes d’abord, d’une poésie fulgurante et subversive ; par la composition ensuite de 35 albums de blues, de country et de jazz.

Mais Dylan restera Dylan, il fera ce qu’il désire faire : pas de gros plans, pas de journalistes dans la fosse, pas de conférence de presse. Non, Robert Zimmerman de son vrai nom, n’est pas le messie attendu mais nous n’allons pas hurler avec les loups sur le service minimum assuré par l’icône sacrée. D’un coté, se trouve un public partagé devant un mythe septuagénaire vivant, réfugié derrière son piano, jouant parfois d’une main et, tel Lazare, se levant quelquefois vers son micro prophétique ; de l’autre, les néophytes, vite lassés par des titres obscurs qui se ressemblent, sauf peut-être le magnifique « Things have Changed ». Oui, les choses ont changé et les sceptiques finiront par s’égayer vers des sets plus palpitants à leurs oreilles, sur les scènes annexes. Certes le show est sec et minimal mais la voix délicatement rocailleuse est toujours impressionnante de sobriété , le blues envoûtant et crépusculaire toujours fascinant, le tout servi par des musiciens discrets mais virtuoses et en particulier un guitariste à la beauté et au talent foudroyants qui d’ailleurs éclipsent un peu notre « tant aimé » Zim.

On l’a rappelé mais Bobby s’en est allé sans se retourner dans sa Lexus de luxe louée pour l’occasion… Bob a fait le job…à moins que ce ne soit l’inverse !

Le soleil s’est couché sur les Vieilles Charrues dimanche 22 juillet au soir, le sillon du Rock s’est creusé un peu plus pour les moissons futures et les laboureurs de 2013 n’ont pas fini d’en égrener les notes

Djemila Khelfa en collaboration avec Yann Thomas