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Indochine : la morale au collège , urgence ! People’tte

Le dernier clip du groupe Indochine "college boys" sobrement mis en images en noir et blanc par un jeune réalisateur québécois, Xavier Dolan, est un brûlot qui fait indéniablement polémique. Mais pourquoi tout ce tintamarreautour d’une œuvre qui, jusqu’à présent n’a rien inventé en matière de catharsis depuis La Poétique D’Aristote : la violence représentée sur scène dans la dramaturgie grecque avait pour but de la purgation des passions et en l’occurrence, les pulsions mauvaises pour aboutir à la purification des âmes. Alors, certes, on y voit un adolescent harcelé, lynché puis finalement crucifié et exécuté sur la croix au revolver sous les yeux symboliquement bandés de la bonne société,qui préfère fermer les yeux et baisser les stores sur les phénomènes d’intolérance et d’homophobie manifeste, vis-à-vis de ce jeune homme de bonne famille… Au pire, les contempteurs et autres censeurs de cette video crieront au scandale et à la barbarie gratuite affichée sur les écrans ; au mieux, ce collégien crucifié par ses camarades apparaîtra comme un martyr, remuera les consciences, et soulagera aussi les victimes, le plus souvent silencieuses, de cette peste larvée qui inocule les cours d’école de son venin trop souvent mortel … Interrogeons –nous plutôt sur les causes de ces phénomènes d’ultra – violence dont le creuset n’est pas dans les images divulguées par ce clip mais bien plus dans les distorsions sociales et économiques actuelles qui créent frustrations, jalousie et cupidité malsaines. Interrogeons – nous aussi sur le rôle que peut jouer l’éducation et la morale, laïque ou pas d’ailleurs, et questionnons-nous sur notre propre responsabilité ou notre singulière lâcheté ! Cessons alors de jeter l’anathème sur un texte et un clip, qui, ne nous y trompons pas, dénoncent toute forme de racisme et d’intolérance par des moyens qui demeurent nobles : ceux de l’art, bien moins violents que ceux dont nous abreuvent gratuitement et outrancièrement les productions des chaînes musicales et autres vidéos dégradantes d’une vulgarité sans nom… Pardonne-leur, Seigneur, ils ne savent pas ce qu’ils font…