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Fais ton salut toi-même ! Djemilove

Wim Hof

On connaissait « le Roi Soleil », « l’homme de fer », « Steve Austin et l’homme bioionique » mais voici qu’émerge de la nappe cryogénésisée néeerlandaise, Wim Hof alias « L’homme de glace » . Cet as du pic à glace se pique à la » graisse brune », un tissu adipeux, présent chez les nourrissons et qui permet de lutter contre l’hypothermie. Le « Guinness des Records » » enregistre ses 6 minutes 21 secondes de plongée en apnée sous la glace. Autres exploits : en Laponie finlandaise par 39 °, il batifole en tongues et short pour un jogging de 21km, entreprend l’escalade hivernale du Mont Blanc en marcel et bermuda ! . Seul bémol : il finit à l’agonie, à deux pas du sommet de l’Everest, sur les extrémités - ou plutôt les moignons – congelés… Pourtant de la folie à la sagesse, il n’y a qu’un pas de …grizzly ! Ce « fou gelant » est féru de philosophie et de spiritualité orientale. Grand lecteur du poème épique fondateur de l’Hindouisme, la Bhagavad-gita, amateur des récits d’exploration au Tibet d’Alexandra David Neel, notre homme venu du froid découvre les pouvoirs auto suggestifs de l’esprit. Grâce à une concentration intense et prolongée, les lamas tibétains parviennent à faire fondre leur tunique raidie par le givre et figée par la glace en fabriquant un surcroît d’ « adipocytes bruns » (adipo : graisse, et cyte : cellule, en grec), à l’origine du phénomène de thermogénèse. Pour Wim, ce fut l’étincelle. Au fil des ans, il étudie, expérimente puis devient une sorte de gourou distillant des cours au sommet des glaciers à une cour de groupies en mal de sensations gélifiées, affublant leur mentor du sobriquet « Mon sorbet » ! Sa notoriété dégèle jusqu’à son compte en banque, la graisse brune s’étale comme une peau de phoque mais , comme neige au soleil …tout fond !

Hymne à la joie

Sophie Marceau

Des hauteurs éthérées de L’Everest au plancher des « milles vaches », la chute dans la tyrannie du confort productiviste est vertigineuse. Déjà au début du XXème Khalil Gibran, le « Victor Hugo libanais », fustigeait l’ « american way of life » dans un aphorisme contre culturel visionnaire : « La recherche effrénée du confort est une chose insidieuse qui entre dans la maison comme une invitée, en devient l’hôte, puis le maître » (The Prophet, 1923). Le despotisme consumériste serait une addiction tout aussi sournoise que l’alcool et autres produits modifiant le comportement. L’humaine condition est soumise à une telle sophistication dans la surenchère d’éternité – stars collagènées, homme surajouté, cyber – humanité, visages frelatés, fesses et poitrines prothèsifiées qu’on en vient à rêver avec nostalgie aux menues rondeurs de Marylin dans Certains l’aiment chaud. Aujourd’hui les effets secondaires du « bien-être » contingent se métamorphosent en mal-être séculaire. Le professeur Henri Joyeux, chirurgien cancérologue et enseignant à Montpellier dans la plus ancienne faculté de Médecine de France, nous propose un antidote, un hymne à la joie de vivre. Dans son best seller, Changer d’alimentation1, vendu à plus de 300000 exemplaires, accessible à tous et excellemment indexé, ce médecin des âmes distille des conseils (oligo) élémentaires à partir d’un axiome simple : notre corps est très cohérent et si nous lui donnons une alimentation saine , il a d’excellentes chances de fabriquer ses propres défenses immunitaires contre les cancers, les maladies auto-immunes, les pathologies dégénératives, le vieillissement, l’envahissement viral et bactérien des voies respiratoires et digestives. La plus appétissante des disciples convertie aux joyeusetés du Docteur « bon sens », Sophie Marceau, nous offre sans complexes à bientôt 50 ans, la pointe de ses seins et le galbe de ses fesses, et le fuselage de ses cuisses, garantis 100% bio, sous les projecteurs cannois sans que l’on puisse soupçonner une once de chair reliftée !

Sarah Burton, romantisme gothique réincarné.

Automne-hiver Alexander MacQueen 2015-2016

Après ce recyclage par le froid polaire et la juste fourchette, la chenille va se muer en papillon. Pour l’habillage final, nul mieux que Sarah Burton, digne héritière d’Alexander McQueen, ne peut y procéder. Michèle (Obama) et Kate (Duchesse de Cambridge) ne jurent que par elle. Son dé féerique ressuscite le romantisme gothique décadent de Mary Shelley et lui insuffle une sève rock d’avant-garde ! Son unique défaut ? Dans sa collection, tout est beau ! L’oxymore est sa figure de style. Sarah Burton peut avoir la pudeur effrontée, le noir qui fait monter le rouge aux joues et un nu qui n’est pas à poil mais tout en poils. Sans montrer la photo, décrivez au plus prude des ayatollahs l’impériale robe portée par l’altière blonde, absence du niqab mis à part, que pourrait-il lui reprocher ? La lumineuse austérité du noir s’allie à une majestueuse ampleur ainsi qu’a une longueur très victorienne. Mais sous cette cendre couve un feu occulte ! La transparence de l’écrin brodé de roses noires exacerbe les blondeurs laiteuses de bijoux indiscrets d’un fort carat érotique. Belle figure de proue pour cette Automne-hiver Alexander MacQueen 2015-2016. Dans un identique esprit de paradoxe, Sarah Burton tire de son Panthéon des déesses gladiateurs, des nymphes scarabées et des anges coccinelles.

La nuit des vampires.

Automne-hiver Alexander MacQueen 2015-2016

Si les créatures inquiétantes et fascinantes de Sarah Burton sortent des brumes d’un Sussex victorien immortalisé par Le Frankenstein de Mary Shelley, d’autres monstres assoiffés de sang frais hanteront bientôt les officines occultes et labyrinthiques d’où ils tireront par « hématopoïèse » ( alors que les langues anciennes disparaissent ! ) le nectar de leur cure de jouvence de jeunes corps sains et alertes. Nos minotaures cacochymes s’abreuveront du sang neuf de victimes innocentes saignées à heures régulières, dans quelque « cellule » souterraine d’une clinique clandestine et ce, en l’échange de quelques riches émoluments. L’heure n’est plus au fantasme d’apprentis sorciers de laboratoire : de jeunes chercheurs viennent de publier dans une revue scientifique très sérieuse Nature communication, les résultats de leur travaux sur des souris bientôt applicables à l’homme. Nos docteurs Mabuse abusent de leurs découvertes et soutiennent l’hypothèse controversée d’une protéine sanguine à l’origine du phénomène de rajeunissement. On connaissait le Viagra, voici le GDF11 en perfusion ! Un afflux massif d’ hématies et autres leucocythes fringants de jeunesse assureraient donc par transfusion et autre transplantation de moelle épinière, creuset de l’hématopoïèse, l’éternité à vos cellules grises, un remède à la grise mine, un onguent éternel et vos affections cardiaques ( à quand les maux de cœur ?), un elixir de vie à vos fractures mal soignées et votre « corps meurtri » ( et pour les cœurs brisés ? ) … Longue vie à Dracula !

Faites de beaux rêves d’immortalité ou des cauchemars d’humanité à valeur ajoutée , c’est selon !