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Caroline Sagan : la légèreté du champagne dans une coupe félée Djemilove

Sublimée par un jeu habile de lumières ocres et bleutées, Caroline Loeb fait revivre l’auteur de Bonjour Tristesse par son jeu humble et sobre. Sagan n’a jamais paru aussi punk, pas en crachant sur les bourgeois mais en jetant l’argent par les fenêtre pour que d’autres le ramasse. Avec élégance. On redécouvre ce qu’on aime chez Françoise Sagan, mieux que dans n’importe quel Biopic !

Djemila Khelfa

Après « George Sand, ma vie son œuvre », son spectacle de théâtre musical qu’elle aura joué plus de cent cinquante fois ces dernières années,

CAROLINE LOEB

s’est attachée à une autre grande icône de la littérature française, FRANÇOISE SAGAN.

Pour la seconde fois accompagnée et mise en scène par ALEX LUTZ, la comédienne incarne de manière étonnante, sans chercher à l’imiter, cette passionnée de la vie, toujours sur le fil du rasoir.

Comme à son habitude, elle a présenté, ce nouveau seule-en-scène au festival d’Avignon en juillet dernier : elle a eu le bonheur d’y bénéficier d’un justifié et fulgurant bouche à oreille qui lui a permis d’atteindre rapidement le "Graal" annuel des quelques spectacles "à voir absolument" ... parmi les 1400 proposés dans le Off pour cette édition 2016 !

Françoise par Sagan avec la collaboration artistique de Sophie BARJAC et une musique originale d’ Agnès OLIER au Théâtre du Marais (37 rue Volta - Paris 3ème)

jusqu’à fin décembre les lundis et mardis à 19 h et les samedis à 17h à partir de fin novembre

En adaptant des extraits des propos et entretiens choisis de Françoise Sagan (donnés entre 1954 et 1992 ) publiés chez Stock sous le titre Je ne renie rien , Caroline Loeb a tissé un monologue dans lequel l’auteure de « Bonjour Tristesse », célèbre mais peut-être mal connue, se révèle avec toute sa tendresse, son intelligence féroce et son humour subtil. Émouvante, drôle, lucide et implacable, celle qui se définissait comme "romancière par vocation et auteur de théâtre par amusement", parle de sa vie, de son enfance, de son amour absolu pour la littérature, de son goût pour les excès, de la fragilité des hommes, de l’importance du désir, de son attachement aux gens, de son dédain pour l’argent, de sa passion pour le jeu, du théâtre, de la mort en embuscade,...

Une amitié qui dure /////////DjemiLove

Extraits : " J’ai d’abord fait croire à mon entourage que j’écrivais un roman et à force de mentir, j’ai fini par l’écrire... Quand j’ai dit chez moi que j’étais écrivain, ma mère a répondu : "Tu ferais mieux d’être à l’heure pour le dîner et d’aller te peigner", et mon père a éclaté de rire... J’ai porté ma légende comme une voilette... Lorsque je revois un film sur Jeanne d’Arc, chaque fois je me dis - c’est idiot - elle va s’en tirer, ce n’est pas possible ! ... Avant, je buvais pour connaître les gens, maintenant, je bois pour les oublier... Dieu est peut-être une solution, mais ce n’est pas la mienne !... L’imagination c’est la grande vertu parce qu’elle agit sur tout, la tête, le cœur, l’intelligence. Sans imagination tout est perdu... Seuls les excès me reposent, intellectuels et physiques ; je suis attirée par tout ce qui n’est pas rassurant... Lorsqu’on me demande ce qu’il faut faire pour le dîner, cela me plonge dans des abîmes de perplexité, d’ennui, d’angoisse...Je doute tout le temps de moi. Le doute, c’est ma santé... Les voyages n’apportent rien à personne sinon l’art de surmonter les embûches d’ordre touristique... Je sais ce que c’est que d’être un arbre, avec une nouvelle branche : c’est avoir un enfant... Ce que je trouve infect, c’est de mourir un jour... On ne sait jamais ce que le passé vous réserve... Malgré l’amour et la maladie j’ai été heureuse..."